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    Son nom était Tev'lar. Il était le chevalier le plus courageux qu'eurent connu les Terres de Féérunes. Il avait le charisme de ces chefs qui savaient enrôler leurs troupes, les motiver pour mener à bien toutes les grandes batailles et les gagner. Ses hommes l'aimaient au point de sacrifier leur vie pour la sienne. Le roi se félicitait de compter un tel général de troupes parmi ses sujets, qui lui permettait d'étendre de façon considérable son royaume et de devenir chaque jour un peu plus puissant.

     

    Le charme du chevalier Tev'lar opérait aussi sur la gente féminine. Toutes tombaient en pâmoison sous le moindre de ses regards. Il en avait pleinement conscience et en jouissait sans modération. Il considérait chaque femme avec son âme de combattant, voyant en elle un territoire à conquérir. Une fois la femme dans son lit, il s'empressait de l'oublier pour se concentrer sur sa future conquête.

     

    Un jour qu'il venait de remporter avec ses hommes une autre de ces grandes batailles épiques au nom de son roi, il prit pour récompense une belle jeune femme. Elle portait en elle toute la beauté exotique de son pays. Ses cheveux blonds aux reflets de cuivre tombaient en cascade de ses épaules jusqu' à la cambrure de ses reins. Sa peau était de la couleur des épices qu'ils avaient pillées dans les villages : un teint mat, empli de soleil doré. Ses yeux étaient grands et expressifs. Quand elle vous regardait, c'était comme si leur couleur violine vous transperçait et vous mettait à nu immédiatement. Elle était magnifique et sauvage. Elle était la fille du chamane du dernier village rasé.

    Il l'emmena sous sa tente. Elle se dressait fièrement devant lui:

    -" Tu n'abuseras point de moi. Apprends à me connaître, à me respecter et je pourrai devenir ton alliée la plus féroce. Tu n'abuseras point de moi ou il t'en coûtera tout ce que tu possèdes et tout ce que tu es."

    Et il ne fit aucun cas  de cet avertissement. Elle n’était qu’un butin, même pas une femme à charmer. Il la besogna encore et encore jusque tard dans la nuit.

     

    Au petit matin, il se réveilla, commença de détendre ses muscles courbaturés, sans doute par la bataille et cette nuit de détente. Il vit alors la jeune femme dans un coin de la tente, assise en tailleur, se berçant d’avant en arrière, scandant des mots dans un langage incompréhensible. Elle ouvrit les yeux. La couleur violine avait laissé place à une couleur blanc éclatant . Elle se releva, se dressa devant lui, leva la main et tendit un doigt dans sa direction :

    -« Tu n’es qu’une bête, chevalier Tev’lar ! Tu n’as pas su écouter mon avertissement, tu n’as pas su respecter la femme que je suis ! Voici ce qu’il t’en coûte ! »

    Elle tendit alors ses deux mains grandes ouvertes dans sa direction. Un grand jet de lumière dorée en jaillit et enveloppa le chevalier.

    Il sentit tous ses muscles se contracter, comme se déchirer sous l’effet de mille lames le lacérant. Il hurla tant la douleur était insoutenable. //

    // Il sentit ses os bouger, se briser, s'allonger, se ressouder, ses chairs éclater et se refondre. Une douleur fulgurante explosa de son front. Il y porta ses mains comme pour empêcher sa tête de se désintégrer et y sentit une corne épaisse et dure en jaillir. Il hurla de plus belle , tomba à genoux, suppliant la jeune femme qu'elle mette fin à son calvaire.

    Il vit alors que ses mains étaient devenues deux pattes grotesques, griffues et cornues. Il pleurait, le souffle coupé, ajoutant à sa souffrance physique une incommensurable détresse morale. Il fit un effort surhumain pour se lever et attraper un morceau de miroir et y découvrit son reflet: celui d'une créature monstrueuse.

    -"Qu'as-tu fait, sorcière?

     -Seulement ce que je t'avais promis, chevalier Tev'lar.  Sache que  je suis Zet'ao, fille de Zet'aor, chamane de mon village. Souviens-toi toujours de ce nom, celui de la femme qui t'a condamné à vivre telle la bête que tu es. Tu seras haï, pourchassé et si ton coeur un jour connaît vraiment l'amour, la malédiction s'abattra sur toi plus férocement encore! Tu vas mener la vie du monstre que tu es!"  

    Ses hurlements avaient bien évidemment alerté ses gardes. Ils avaient cru tout d'abord qu'ils entendaient les cris de cette femme que leur chef avait emmenée sous sa tente. Ils trouvaient cela amusant même... "ah il ne s'embête pas le chef!!".

    Mais Assez vite le doute les assaillit... deux d'entre eux s'annoncèrent et pénétrèrent sous la tente. Zet'ao se tourna vers eux et leur lança son jet de lumière en reprenant son incantation. Les deux hommes hurlèrent, se recroquevillèrent sur eux-mêmes, tombèrent sur le sol et commencèrent de se transformer en créatures mi-hommes mi-rapaces. Aussitôt les trois autres gardes suivirent qui connurent le même traitement.

    -"Que tes gardes restent à tes côtés après tout. Souffrez tous ensemble votre nouvelle vie misérable!"

     

    Elle sortit alors de sous la tente, prit un air hagard et se précipita vers le reste des hommes les plus proches en criant et en se jetant sur eux:

    "-Au secours! au secours! Des monstres! Des monstres! Il s'en sont pris au chevalier et ses gardes! ô par tous les Dieux! Ils sont horribles! Vite secourez-les, secourez-moi!!!"...

     

    A suivre.....

     

     

    Les soldats prirent leurs armes et se précipitèrent sous la tente...pour n'y découvrir que des affaires éparpillées, sens dessus-dessous et la toile en charpie à l'opposé de l'entrée. Le plus gradé des hommes , le lieutenant Bael'frad se rua sur Zet'ao:

    -"Que s'est-il passé? Qu'avez-vous vu exactement?

    - Une créature avec une corne, avec des griffes et d'autres avec elle, avec des ailes, hideuses.. Oh mon dieu, elles sont arrivées tout à coup et se sont emparées de votre chevalier et de ses hommes dès qu'ils sont entrés . Je me suis jetée au sol. J'ai eu tellement peur de me faire attrapée aussi, mais j'ai réussi ensuite à me faufiler. Je suis venue vers vous tout de suite! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Les monstres ont dû les emporter...Pitié pour leurs âmes!"

    On dépêcha une patrouille à la recherche du chevalier Tev'lar et ses gardes qui revint quelques jours plus tard bredouille.

    Zet'ao profita de ce tumulte pour s'échapper. Nul n'y prêta vraiment attention.

     

    Un messager fut envoyé auprès du roi pour le prévenir de ce drame. Il ordonna que l'on poursuive les investigations. Celles-ci durèrent plusieurs mois , devenant de plus en plus difficiles. elles menèrent les hommes jusqu'aux frontières du royaume, là où commençait l'Océan de Sable, lieu maudit où personne n'osait s'aventurer. Parmi les plus téméraires qui avaient tenté d'explorer ce territoire hostile, aucun n'avait eu la chance de revenir pour conter ses aventures.

    Ce lieu était, disait-on,infesté par une magie mauvaise. Or le royaume de Féérune ne pratiquait aucune sorte de magie et la craignait par dessus tout. L'Océan de sable était surnommé "le désert maudit".

    Et c'est donc à sa limite que prirent fin les recherches du Chevalier et de ses hommes, d'autant plus que la magie malfaisante semblait déjà officier...

    En effet, plusieurs soldats furent retrouvés égorgés, non loin de leur camp, et surtout leurs visages étaient figés en un masque de terreur. Ils offraient un spectacle insoutenable. Nul doute que la mort elle-même était venue s'emparer de leurs âmes.

    L'on cessa donc les investigations. Le chevalier Tev'lar et ses hommes furent déclarés perdus à jamais.

    Sans ce grand général à la tête de ses troupes, les conquêtes menées par le roi se firent plus difficiles. Les batailles n'étaient plus victorieuses, les frontières ne s'agrandirent plus... jusqu'à même reculer

     

    .............................................

    Les années passèrent...

     

    Le temps apporta l'oubli de cette tragédie. Le roi avait pris de l'âge. Son fils Ed'Lor avait commencé à seconder son père dans l'administration du royaume. Il était rusé mais manquait singulièrement de courage avec une épée à la main. S'il était fin politicien, il n'était en revanche pas très aguerri aux arts du combat. Qu'importait, il avait toute une armée sous ses ordres.

    Sa soeur El'anor était une jeune fille dont le destin était de sceller la paix signée péniblement avec un pays voisin. Tous étaient las des guerres meurtrières, sans fin, et qui n'apportaient que mort et famine.

     

    Vint le temps pour la jeune fille de remplir son devoir royal et de partir se lier au vieux roi, tout récemment veuf, du royaume de Rhauntides, pays limitrophe.

    On prépara toute une délégation pour le transport de la princesse. Celle-ci avait de longs cheveux bouclés, couleur de l'ébène, un teint parfait de marbre et des yeux aussi tristes qu'ils étaient sombres. Si elle avait été belle un jour, son éclat s'était affadi depuis longtemps; résultat sans doute des privations dans un monde jamais prospère et d'une vie d'obligations et de contraintes.

    Elle était résolue à vivre sur une terre encore plus hostile, mariée à un vieillard inconnu pour servir la paix que cela apporterait à son peuple. Au moins lui avait-on accordé de garder auprès d'elle sa chère dame de compagnie, Jae'Nor.

     

     

    A SUIVRE...

     

     

     

     

     

     


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  • Désolée, impossible de trouver une version sous-titrée...


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    Le bien absolu

     

    Anti paladins, au service du mal.

     


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  • Du pourquoi les Dragons se défient de l'Humain...


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